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Bronchiolite : les urgences pédiatriques saturées
Le nouveau traitement contre la bronchiolite fait ses preuves. C'est l'un des principaux constats dressés par deux études complémentaires menées en collaboration par l’Institut Pasteur et Santé publique France, publiées ce vendredi 26 avril, dont l'objectif était, d'une part, d'estimer l'efficacité du traitement contre les cas de bronchiolite à VRS admis en réanimation, et d'autre part, d'évaluer l'impact en termes d'hospitalisations évitées. Ces travaux ont été menés du 15 septembre 2023 au 4 février 2024 sur 288 nourrissons de moins de 2 ans.
"Aujourd’hui, grâce à notre système de surveillance de la bronchiolite et à l’implication des réanimateurs, nous avons pu évaluer les effets positifs du nirsevimab (Beyfortus) sur la santé des nourrissons, avec une efficacité du traitement estimée entre 76% et 81%", a détaillé Isabelle Parent du Chatelet, responsable de l’unité Infections Respiratoires et Vaccination chez Santé publique France.
Ces études ont été lancées après une saison 2022-2023 marquée par une épidémie de bronchiolite due au Virus respiratoire syncytial (VRS) de forte intensité, notamment en termes de passages aux urgences et d’hospitalisations. Le gouvernement avait alors lancé, le 15 septembre 2023, une campagne d’immunisation préventive, à travers l’administration du nirsevimab (Beyfortus), pour protéger les nourrissons et freiner la circulation de ce virus.
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Résultat : le traitement présente un "impact positif" sur l'épidémie, avec une baisse significative du nombre de nourrissons hospitalisés, précisent l’Institut Pasteur et Santé publique France. L’administration du nirsevimab a évité environ 5800 hospitalisations pour bronchiolite à VRS après passage aux urgences, dont 4200 chez les enfants âgés de 0 à 2 mois. Cela représente une réduction de 23% du nombre total d’hospitalisations pour bronchiolite par rapport au scénario sans administration.
Un succès dont il faut "être fier", s'est félicité vendredi matin, sur LCI, le ministre de la Santé Frédéric Valletoux. "On voit le succès, on va continuer l'effort l'année prochaine, cela désengorge les hôpitaux, mais au-delà, cela préserve les nourrissons. Nous sommes plutôt contents, il faut être fier de voir que la population répond bien, de ce point de vue là, c'est plutôt une satisfaction", a déclaré le ministre.
Dans le scénario de base avec 215.000 doses administrées au 31 janvier 2024, l'efficacité du nirsevimab contre les hospitalisations pour bronchiolite à VRS a été estimée à 73%, ce qui correspond à une hospitalisation évitée pour 39 doses administrées. "Avec une hospitalisation pour bronchiolite évitée pour environ 40 enfants traités, notre étude met en évidence la pertinence de l'administration du nirsevimab pour réduire les hospitalisations dues au VRS", affirme dans l'étude Simon Cauchemez, responsable de l’unité de Modélisation mathématique des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur. Toutes ces analyses concordent avec les résultats d’une étude clinique internationale menée auprès de 8058 nourrissons.
La bronchiolite touche chaque hiver près de 30% des nourrissons de moins de 2 ans, soit environ 480.000 cas par an. 2 à 3% des nourrissons de moins de 1 an seraient hospitalisés pour une bronchiolite plus sévère chaque année.
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